si nous commencions à travailler, voyons le programme… Cette année le modèle IHEC est à l'honneur, du haut de cet inestimable édifice carthaginois, nous nous plongerons dans l'étude méticuleuse d'un modèle dans tous les sens du terme. Pour rester dans l'originalité, nous exposerons les hypothèses de la concurrence pure et parfaite, indécrassables fondements.
H1 : L'homogénéité : formaté presque à la chaîne, l'enseignement à l'IHEC se fie à la polyvalence retardant l'orientation pour la troisième année alors que dans bien d'autres instituts aussi recommandables, elle se fait à la fin de la seconde. Et ce, dans le but de faire de nous des pros de la tournante, une uniformisation presque une standardisation dont les bienfaits restent forts contestables. Peut-on obliger quelqu'un qui n'aime pas la finance à en faire en marketing et réciproquement ? Et ceci en occultant la composante intéressement indispensable à une personne pour s'engager dans un domaine. S'y connaître un peu partout n'est-il pas le meilleur moyen de n'être bon nulle part ? Mr Grossman, PDG de Citibank Tunis, nous faisait, un jour à l'amphi, l'éloge de la polyvalence dans son établissement et nous expliquait le système de turn-over utilisé dans sa banque. La polyvalence est ici valorisante dans la mesure où elle se fait au niveau professionnel, mais chacun des employés est arrivé avec sa spécialité, c'est donc de la spécialisation que ressort la polyvalence dans ce cas. H2 : L'atomicité : Deux professeurs enseignent la même matière. Un devoir est en préparation, des intitulés en prévision. Mais un consensus des professeurs sur la teneur exacte de ce devoir est inenvisageable. Chacun a sa méthode et donc chacun impose sa méthode tant à l'amer correction qu'à la délectable confection. Qui a dit engagement, travail de groupe, « cercle de qualité » ? Spécialisés dans l'éparpillement, nos emplois du temps utilisent l'ensemble des plages horaires disponibles. Toute entente ou coordination entre les différentes séances semble exclue, toute tentative de rapprochement ou de cartel inpensable. Nous allons donc en exclusivité pour Tribune dévoiler la technique mise en place pour « peaufiner » ces emplois du temps ou comment atteindre une dispersion aussi parfaite dans l'espace temps : on prend une feuille A4 avec le tableau des horaires, on la fixe sur le mur, puis on se munit de fléchettes sur lesquelles on colle l'intitulé de la matière, on se bande les yeux et on vise le tableau, on prendra enfin la séance d'impact pour cette matière et ce, ainsi de suite jusqu'à l'accession à nos emplois du temps tels qu'ils sont affichés. ( Rmq : A l'ISG, de la première à la quatrième année, les cours se limitent à une demi-journée, que ce soit le matin ou l'après-midi.) Trève de plaisanterie : ce n'est pas à ceux qui font les emplois du temps que le reproche est fait, mais à ceux qui leur infligent à eux de tels dilemmes, et à nous de telles difficultés. H3 : La transparence : restons sérieux, voyons… Nous mentionnerons juste l'inextricable énigme entourant le mystérieux destin de nos copies, elles nous quittent sans un regard ces jours de faiblesses dans lesquels nous plongent nos examens. Puis, plus aucune nouvelle, rien pendant des mois, des mois d'attente, d'angoisse auxquels se mêlent progressivement une incompréhension, jusqu'au jour béni des profs où tombe la note, alors qu'on était en voie de rétablissement, alors que l'oubli nous enveloppait d'un voile de béatitude. Et là : incompréhension, impuissance, exaspération, colère, refus… détresse, désemparement, abandon, désinvolture. Ô, si tu lis ces quelques lignes d'une trop consistante jérémiade, répond-moi. Un peu d'indulgence pour un étudiant désemparé, un étudiant qui ne cherche qu'à comprendre ses fautes, s'en rendre compte, et ce dans l'immédiat de l'infortune, pas trois mois plus tard, quand tout est joué. Puis accepter. H4 : La libre entrée : Moins sujette à la controverse mais tout aussi présente parmi nos produits…euh je veux dire nos étudiants, l'insatisfaction d'une orientation de secours, d'une voie de rechange que l'on laisse volontiers ou librement à ceux qui n'étaient pas assez bon pour soigner les consommateurs …euh je veux dire les gens et que l'on destine donc à une voie opposée : les gaver de calories afin de faire le bonheur de nos élites s'obstinant dans la médecine. Bienvenue à nos orientés désorientés. H5 : L' immobilité des facteurs : 2002 : Internet envahit le monde, devient sa seule vertu, que chacun cherche à s'acaparer. Expliquez-nous pourquoi n'y a t'il pas de salle Internet au libre accès, ou léger contraint, nous permettant à nous aussi de disposer d'une si communicative vertu ? Il est certain qu'offrir les conditions optimum n'est pas chose aisée, mais nous sommes l'IHEC tout de même, des étudiants doués pour la plupart. Nous vous demandons juste d'ouvrir la voie vers la connaissance. Pour toute considération, nous vous conseillons de méditer cette règle fondamentale : toute chose étant égale à zéro par ailleurs.
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